« La mort tarifée… à vomir » : ce que l’histoire du service funéraire dit vraiment

« La mort tarifée… à vomir. Nationalisons toute cette filière. »

Ce commentaire, posté sous l’un de nos articles, n’est pas anodin.
Il cristallise une colère, une incompréhension, parfois un rejet viscéral : celui de voir de l’argent intervenir dans un moment que beaucoup estiment devoir rester hors du champ marchand.

Cette réaction mérite mieux qu’un échange à chaud.
Elle mérite du contexte. Des faits. Et un peu de mémoire.


Quand le funéraire était “public” : une réalité bien moins idéale qu’on l’imagine

Avant 1993, le service funéraire repose sur un monopole communal.
En théorie, les communes organisent les obsèques, garantissent l’accès au service et en assurent la continuité.

Mais dans la pratique, ce modèle montre rapidement ses limites.

Dans les années 1970–1980, la France compte plus de 36 000 communes, dont une immense majorité de petites structures rurales.
Beaucoup n’ont ni personnel formé, ni équipements, ni capacité logistique pour assurer seules :
• le transport des corps,
• la conservation,
• la fourniture de cercueils,
• la permanence du service, week-ends compris.

Résultat : une grande disparité territoriale, des délais parfois incompatibles avec la dignité attendue et, dans de nombreux cas déjà, un recours à des prestataires privés sans cadre clairement défini.
Le service demeure public dans les textes, mais il est, dans la réalité, largement externalisé.

1993 : une réforme née d’une contrainte, pas d’une idéologie

La loi du 8 janvier 1993 supprime le monopole communal.
On parle souvent de “privatisation”. Le terme est simplificateur.

À l’époque, plusieurs constats s’imposent :
• les communes ne parviennent plus à assurer seules la permanence du service,
• les attentes des familles évoluent (rites, personnalisation, diversité des pratiques),
• le cadre juridique est devenu flou, source d’abus et d’inégalités.

Le choix du législateur n’est pas de se retirer, mais de changer de mode d’organisation.

Le service funéraire devient un secteur ouvert, mais strictement encadré :
• habilitation préfectorale obligatoire,
• obligations de formation,
• devis réglementé,
• contrôles administratifs,
• sanctions possibles.

Un secteur encadré comme peu d’autres

Contrairement à l’image véhiculée, le funéraire est l’un des secteurs les plus réglementés.

Quelques faits concrets :
• un opérateur ne peut exercer sans habilitation,
• les prestations obligatoires sont définies par décret,
• le devis type est imposé,
• la publicité est encadrée,
• les pratiques commerciales sont surveillées.

Et surtout :
→ les frais funéraires sont prioritaires dans le droit des successions,
→ ils peuvent être prélevés directement sur les comptes du défunt, dans un cadre précis,
→ ils ne sont pas traités comme une dette ordinaire.

On est loin d’un marché libre livré à lui-même.

Nous revenons également en détail sur l’encadrement des frais bancaires de succession, un dispositif distinct, souvent mal compris.
➡️ Lire notre article concernant les frais bancaires de succession

La vraie question derrière la colère : qui doit payer ?

Lorsque quelqu’un écrit « une prestation de base devrait être prévue par la communauté », il pose une question ancienne et légitime.

Mais cette question appelle une réponse honnête :
→ qui finance ?
→ avec quel budget ?
→ selon quels critères ?


Aujourd’hui, il n’existe aucun financement public universel des obsèques : la Sécurité sociale n’a jamais pris en charge ce poste et les collectivités ne disposent pas de ligne budgétaire dédiée.

Instaurer une prise en charge collective impliquerait donc un financement pérenne, une définition nationale de ce que serait une « prestation minimale » et, surtout, un arbitrage politique fort.

Ce débat n’a jamais été tranché.
Et tant qu’il ne l’est pas, le service funéraire reste un service encadré, mais financé par les familles ou la succession.

La question n’est donc pas “public ou privé”, mais comment garantir dignité, continuité et équité, sans nier la réalité économique.

Pourquoi parler de “marchandisation” est souvent réducteur

Dire que le funéraire serait devenu “mercantile”, c’est ignorer une réalité de terrain.

Les professionnels du secteur :
• travaillent avec des marges contenues et absorbent souvent des impayés,
• avancent des frais importants,
• gèrent des situations humaines lourdes et interviennent parfois sans certitude de règlement.

Dans de nombreux cas, ce sont les entreprises funéraires qui portent le risque financier, en attendant que la succession se règle.
Ce n’est pas une industrie de rente.
C’est un métier d’équilibre, souvent précaire, rarement compris.

Et concrètement, quand les factures restent impayées

Cette réalité historique et juridique permet de comprendre un fait très concret du terrain : les impayés funéraires ne relèvent ni d’un excès marchand, ni d’un dysfonctionnement isolé. Ils apparaissent le plus souvent à la croisée de l’urgence des obsèques, de la complexité des successions et de la situation financière réelle des familles.

C’est précisément sur ce point qu’intervient Obsèques Impayées.
Nous accompagnons les professionnels du funéraire dans la gestion et le recouvrement des factures impayées, avec une approche spécialisée, respectueuse du cadre juridique et des réalités humaines du secteur. Notre rôle n’est pas de rigidifier le système, mais d’apporter des solutions concrètes lorsque la succession n’aboutit pas, lorsque les héritiers sont défaillants ou lorsque les démarches s’enlisent.

👉 En savoir plus sur nos services dédiés aux professionnels du funéraire :
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